Clip de campagne de Jean-Luc Mélenchon

Publié le par front de gauche-reunion

 


 

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Mi - Texte d'Etienne Phalip 30/05/2012 21:54

Les faux et vrais chiffres sur l’immigration

Pour la droite, extrême ou populaire, l’immigration serait massive. Agitant des chiffres erronés, ils tentent d’effrayer le peuple français.
Un premier exemple : le FN, sur son sujet favori pour ne pas dire unique, avance le chiffre de « 200 000 entrées par an en France ». Le nombre de premiers titres de séjour est en réalité de 185 000
pour 2011 dont 25 000 étudiants, 25 000 pour raison humanitaire et 50 000 en provenance de l’UE (source : Ined). Aussi, le solde migratoire de 70 000 (source : Insee), en ne tenant compte que des
étrangers, demeure, en pourcentage, le plus faible de toute l’Europe (1 pour 1 000 habitants). Si l’on inclut l’émigration des français, il est quasiment nul (6 000 par an, Ined).
Enfin, les immigrés hors UE ne représentent que 8% de la population française (Ined). Nous avons donc actuellement environ 5 millions d’immigrés (dont 2 millions ayant obtenu la nationalité
française) résidants en France et 2 000 000 de Français qui résident à l’étranger.
Et puis de quels immigrés parle la droite ? Il faut entendre maghrébins, arabes, musulmans, tout ça mélangé dans le même sac à renvoyer par charter. Bref, les fantasmes de l’extrême droite, et
maintenant de la droite dite populaire, basés sur des réalités détournées, des chiffres faux ou manipulés. Rappelons ici que la population d’origine maghrébine (immigrés plus enfants d’immigrés)
représente moins de 7% de la population française (Ined).
Une enquête d’Eurostat montre que si les habitants des pays du Sud sont nombreux à caresser l’idée d’émigrer vers le Nord (les proportions varient de 20 % à 40 % selon les pays), bien peu
envisagent de le faire dans les deux ans (moins de 5 %) et seule une infime minorité a réellement entamé des préparatifs. Parmi ceux qui se déplacent, 66% partent d’un pays en développement pour
aller dans un autre pays en développement et donc 1/3 seulement migrent vers l’ensemble pays du Nord.
Non, l’immigration en France n’est pas massive. Selon le véritomètre iTélé, les cancres (et de loin) des présidentielles avec 56% de mensonges étaient Sarkozy … et Le Pen qui a pourtant fait la une
de tous les journaux en s’incrustant même dans des dossiers entiers. Mentez beaucoup et tout le temps, vous serez en première page !

Après avoir démonté l’argumentaire fallacieux du FN et de la droite dite populaire sur une soi-disant immigration massive en France, je vous propose de faire tomber d’autres idées reçues sur un
éventuel danger des immigrés pour notre patrie.
Tout d’abord, la qualification des migrants augmente. En France, par exemple, la part des immigrés diplômés de l'enseignement supérieur est passée, entre 1990 et 2007, de 12% à 25%, selon les
chiffres de l'Insee. Elle a ainsi rejoint celle des natifs (29% en 2007). En France, 41,3% des doctorants sont étrangers. Le taux d’activité professionnelle des immigrés est de 78% pour les hommes
alors qu’il est de 74% pour les hommes non-immigrés. 1 migrant sur 4 qui arrive en France est diplômé de l’enseignement supérieur, pour travailler dans l’industrie, la recherche ou dans le
développement de nos entreprises. La grande majorité des migrants viennent de pays émergents et ont les moyens financiers ou les diplômes pour pouvoir supporter le coût de leur émigration.
Ensuite, la famille immigrée n’est pas surchargée d’enfants : le taux de fécondité pour les françaises natives est de 1.6 et celui des immigrées est de 2.2, dont 0.6 né à l’étranger et 1.6 né en
France (source : Ined).
Pour la droite, l’immigration serait une source de criminalité. Or, selon le ministère de la justice en 2009, 12.5% des condamnations concernent des étrangers. 9,3% des infractions sur les
stupéfiants concernent les étrangers. Infraction que Marine le Pen veut condamner à la peine de mort : « le Front national appliquera la peine de mort pour les trafiquants de drogues », a-t-elle
dit le 20 novembre 2010.
Enfin, selon la droite toujours, l’immigration constituerait une alternative à l’embauche des ouvriers autochtones et exercerait une pression à la baisse sur les salaires de ceux qui ont encore un
travail. Etre antilibéral, ce serait donc laisser dans la clandestinité des milliers d’humains. Mais le rejet obsessionnel, de « l’étranger » empêche ce courant politique de tenir un raisonnement
sérieux. En effet, avec la régularisation des sans-papiers et l’embauche d’une armée d’inspecteurs du travail, alors tous les travailleurs auront les mêmes droits et la concurrence déloyale entre
travailleurs disparaît. C’est à l’inverse le recours à une main-d’œuvre sans protection juridique et sans droits sociaux qui opère une pression à la baisse des salaires pour l’ensemble des autres
travailleurs.
Et les coûts de l’immigration alors ? Parlons d’abord des coûts de la chasse aux sans-papiers : elle coûterait la bagatelle de 415 millions d’euros chaque année (12 000 € par reconduite à la
frontière selon Eric Besson, 21 000 € selon la commission des finances du Sénat). Et les partis de droite se gardent bien aussi de dire que, selon le ministère des affaires sociales, les immigrés
en situation régulière rapportent (60 milliards d’euros) plus qu’ils ne coûtent (48 milliards) à la collectivité. Les immigrés et travailleurs sans-papiers, eux, représenteraient près de 2
milliards d'euros de contributions fiscales ou de cotisations sociales. Leur régularisation permettrait d’augmenter ces recettes fiscales grâce à une hausse mécanique des salaires et donc aussi de
la consommation. Le projet de la droite, en plus d’être inhumain, est économiquement et socialement irresponsable. On voit d’après ces chiffres que notre pays a la capacité d’accueil compatible
avec les équilibres sociaux.
Non, l’immigration n’est ni misérable ni assistée, mais elle est une richesse économique, sociale et culturelle, une chance pour la France. La Réunion, île métisse, et les Réunionnais ont la
possibilité, le 10 juin, d’adresser à tout le pays un message de fraternité, de partage et d’égalité, en votant contre la xénophobie, le mensonge et la peur.


Etienne Phalip.
Front de Gauche.

Mi - Texte d'Etienne Phalip 30/05/2012 21:53

Le FN, la « nouvelle » droite ?

De nombreux journalistes, métropolitains ou locaux, répètent, sans la moindre analyse, ou même reprennent à leur compte les propos du FN s’affichant comme « nouvelle » offre politique ou
électorale. On croit rêver. On se tape Le Pen aux présidentielles depuis 1988 (il faisait déjà 14%), maintenant v’là la fille candidate (le mari comme bras droit), et même la petite-fille aux
législatives à Carpentras ! Comme parti politique neuf, antisystème, et porte-parole du peuple, on a vu mieux. De plus, la désignation des étrangers comme responsables de tous les maux, le
rétablissement de la peine de mort, le refus du droit à l’avortement, le salaire parental pour laisser les femmes à la maison, ce n’est pas « nouveau », encore moins révolutionnaire, mais
réactionnaire, c’est-à-dire opposé au progrès des droits humains. Il est urgent de désamorcer cet engouement. L’extrême-droite fait moins bien en 2012 (17,9%) qu’en 2002 : 19,2% dont 16,9 pour Le
Pen et 2,3 pour Mégret, sans compter les 4% de CNPT qui captait le vote FN dans certaines localités rurales. Le FN recule de 5 points dans les grandes villes, et voit même son score divisé par 2
dans des quartiers dits « chauds » comme à Grigny, la Courneuve ou Aubervilliers. Marine Le Pen n’a donc pas été l’arbitre du second tour, d’autant plus que la droite, dans sa globalité, fait un
grand recul par rapport à 2007.
Alors pourquoi une telle mode, qui n’est d’ailleurs pas si « nouvelle »? Pour éviter la vraie question : le partage du pouvoir et des richesses. Pour faire peur à la population, dénoncer l’immigré
et le français fils d’immigré (qui sont des travailleurs comme les autres) plutôt que le banquier (pas le conseiller mais l’actionnaire). La taxation des hauts revenus et des grandes entreprises,
des investissements publics dans les secteurs d’avenir pour relancer l’activité et l’emploi, de la suppression des niches fiscales, de la hausse des salaires, de la «déprécarisation» des emplois,
du pouvoir dans l’entreprise, du contrôle des élus, de l’écologie, des marges de la grande distribution, du remboursement des soins, de l’égalité des chances à l’école, etc., là sont les vrais
enjeux. Le 10 juin, votons contre l’oligarchie, la xénophobie, le mensonge et la peur.

Mi - Texte d'Etienne Phalip 30/05/2012 21:52

Le FN au pouvoir, qu’est-ce que ça donne ?

« On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui
ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange, « villes
expérimentales » des méthodes à élargir au pays tout entier. Constatons le carnage en matière de finances, emploi, social, culture, sécurité, démocratie, droits des travailleurs et respect des lois
de la République. Ce que le FN a fait au niveau local, il peut le faire au niveau national.
En matière de gestion : hausse des impôts et endettement des villes, isolement financier et abandon de projets. En matière d’emploi : répression des travailleurs et discriminations à l’embauche,
mises au placard et licenciement d’agents municipaux, gestion par le stress. En matière de politique sociale : abandons des défavorisés et des exclus, destruction du terreau associatif, attribution
de subventions à la tête du client, haro sur la cantine, absence de politique en faveur de la jeunesse, logique de répression et abandon des politiques de prévention, ghettoïsation des quartiers.
En matière de culture : promotion des auteurs FN, assèchement du pluralisme culturel et promotion du foklorisme, attribution de subventions à la tête du client. En matière de justice et de sécurité
: dérives légalistes et magouilles politico-judiciaires, fausses factures et prises illégales d’intérêts, agression d’élus, propos racistes et xénophobes, détournements de fonds public, effractions
et voie de faits, condamnations par les tribunaux, inéligibilités. En matière de démocratie : népotisme et copinage, discrimination, non-respect des promesses électorales. Cela vous donne envie
d’essayer au niveau national ? Le 10 juin, votons contre l’oligarchie, la xénophobie, le mensonge et la peur.

Mi - Texte d'Etienne Phalip 30/05/2012 21:46

Les législatives : une élection nationale,
d'Etienne Phalip


Voilà repartis depuis quelques jours à la Réunion les petites querelles locales, les « râlé-poussé » ridicules, les alliances contre nature, les guerres de chefs, les meetings quasi-mystiques, les
discours creux, les attaques personnelles et les propos calomnieux. Et de quoi parle-t-on sur le fond ? De rien. Sur la question de la dette ? Rien. Sur l’emploi et la relance de l’activité ?
Encore rien. Sur la répartition des richesses ? Toujours rien. Sur les services publics ? Désespérément rien. Comme son nom l’indique, l’élection législative a pour but d’élire les représentants du
peuple pour exercer le pouvoir législatif, c’est-à-dire celui de proposer et voter des lois. La plupart des candidats semblent l’avoir oublié ou tentent de faire avaler aux électeurs, qu’ils
prennent pour des moutons, qu’il s’agit du troisième tour des municipales. Il est urgent de redonner ses lettres de noblesse à la politique en élevant le débat.
Certes les élus locaux s’attachent avec force et courage à améliorer le sort de leurs administrés avec les moyens financiers et les prérogatives qui leurs sont attribués. Mais à chaque difficulté
locale, les causes et les solutions de fond resteront nationales et européennes : le chômage, le niveau des salaires, les impôts, les services publics (santé, éducation, logement, transports,
etc.), l’autonomie alimentaire et énergétique, toutes ces questions découlent de lois et décrets nationaux et européens. Que peut le maire ou le conseiller régional face à la hausse du prix des
carburants, aux marges excessives dans la grande distribution, au manque d’accès au crédit et à l’escompte pour les PME, à la diminution du nombre d’enseignants ou des remboursements médicaux, à
l’impossible accès au foncier pour les agriculteurs, à la volatilité des prix agricoles, à la fraude fiscale, à la spéculation immobilière ou financière, sinon exprimer son indignation ? Pas
grand-chose. Ses marges de manœuvre sont insuffisantes et se limitent dans certains cas à des actions ponctuelles, souvent aux frais de l’ensemble des contribuables, sans pouvoir faire payer en
priorité les plus favorisés. Il suffit de voir les récentes mesures prises contre la vie chère par le conseil général, notamment sur la liste des produits dits solidaires, pour comprendre cela.
Les acteurs locaux, qu’ils soient politiques, économiques, associatifs et sociaux, ne peuvent agir qu’en respectant les lois et règlements nationaux et européens. Ils sont contraints de rester dans
un cadre qui est, depuis plus de dix ans, celui de l’austérité et de la rigueur. Un cadre libéral auquel adhèrent l’ensemble des partis politiques, du FN au PS, avec la haine de l’étranger à un
bout et un peu de justice sociale à l’autre. Les votes des députés aux parlements français et européens sont très significatifs de cette soumission au libéralisme. Seule la gauche radicale et
concrète (et non extrême), celle du front de gauche propose une alternative réelle en sortant de ce cadre infernal et en prenant le parti de l’argumentation et de l’éducation citoyenne pour sa
campagne électorale. D’ailleurs, qu’attendent les médias pour organiser des débats contradictoires entre les candidats, notamment entre le front de gauche et la droite populaire ou extrême ?
Citoyen, si tu ne t’occupes pas de politique, alors la politique s’occupe de toi !


Etienne Phalip.
Front de Gauche.

Mi 30/05/2012 21:42

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/05/29/discours-au-meeting-de-viry-chatillon/